Au commencement des temps, les chats avaient les oreilles plates.Dans un petit village à côté de la grande ville de Douala vivaient des chats au bord d’un grand marché. Parmi ces chats, une chatte sauvage de six mois s’appelait Bouboula. Le marché était rempli de fruits : papayes, bananes, mangoustans… Souvent, les femmes venaient acheter du manioc au marché avec leur bébé sur le dos. Bouboula se posait beaucoup de questions. « Broumou l’éléphant ! Pourquoi, nous, les chats, n’entendons-nous pas beaucoup ? » demanda Bouboula. Et comme réponse Bouboula reçut un paquet d’eau avec la trompe de l’éléphant Broumou. Bouboula continua ses questions. « Matthias le babouin ! Nous n’entendons pas beaucoup, pourquoi ? » fit Bouboula. Et comme réponse, elle se fit taper. Enfin, Alelia la girafe lui répondit :« Va au fleuve Sanaga et tu trouveras la réponse ! » (Le fleuve Sanaga était tout près du volcan Cameroun.) « Va jusqu’à l’arbre de la liberté et cet arbre te mènera jusqu’au fleuve Sanaga, si tu crois en lui » reprit Alelia la girafe. Et Bouboula partit vers l’arbre de la liberté en emportant des melons, des citrons et des bananes. Quand elle arriva vers l’arbre de la liberté, l’arbre lui parla : « Viens ma petite, n’aie pas peur , je t’attendais ». Bouboula s’avança vers l’arbre de la liberté sans crainte. « Qu’est -ce qui t’amène ici, ma petite ? demanda l’arbre. « Tu vois là bas, il y a un petit chemin, suis-le et il t’emmènera au fleuve Sanaga mais… fais attention » fit l’arbre. Et Bouboula reprit son chemin. Bouboula s’approcha du fleuve Sanaga et tout à côté elle vit un énorme volcan. Et tout à coup elle entendit un bruit effroyable ! Etait-ce le bruit d’un volcan en éruption ou bien une farce du vieil arbre ? Elle courut, courut, courut de toutes ses forces mais la lave la suivait en brûlant tout ce qui était sur son passage. Par chance, l’arbre la sauva en bloquant la lave. Quand elle retourna au village elle remarqua que ses oreilles s’étaient levées. Elle retrouva sa famille : la girafe, le babouin et l’éléphant lui dirent : « Tu as les oreilles pointues ! » Elle comprit alors que le fracas du volcan lui avait redressé ses oreilles. Et c’est comme ça que les chats ont les oreilles pointues. Coline et Faustine |