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la feuille littéraire
du lycée Charlemagne de Pointe Noire au Congo - n°21 - 2003




L E S   P O É S I E S




Amont et Aval

Le coeur qui est source de vie
Inonde mon corps d’une rivière rouge
Qui coule sans arrêt, sans répit
Comme la pluie des grands nuages

Le coeur qui est source d’amour
Bat plus fort pour nourrir les fleurs
Qu’on veut admirer pour toujours
Sans trop les arroser pour qu’elles ne meurent pas

Le coeur est une source de souffrance
Il est lourd quand on aime trop
Quand on est en manque de confiance
Quand à cause de l’amour débordent les maux

Le coeur conduit aussi à la mort
Quand les rivières ne coulent plus
Ni dans le coeur, ni dans le corps
Quand toutes les pétales sont perdues.


Djoh OBAMBI, Extrait « des Sentiments »





Le Martyr ressuscité

Aujourd’hui rien ne m’inspire
La saison des poètes a pourtant commencé.
J’essaye sans cesse de penser au pire
Mais le pire ayant déjà été fait...

En effet le fruit poétique a mûri tôt cette année
Les fleurs ont donc pu faner et sécher.
On peut alors savourer le goût des maux
Et par les mots écrire que le poète a pleuré.

Il pleurait le bonheur évaporé
La chaleur et les jours ensoleillés ;
Pleurait le passé et sa vie prochaine
Synonyme de regrets et de peine.

Celui- là est mort et enterré
Il a grâce à Dieu ressuscité.
En danger lui il sera toujours
Grâce, ou à cause, des maux de l’amour.

Djoh OBAMBI





Elle nous suit
Elle attend toute une vie
Pour certains
Elle est pressée
Pour d’autres elle laisse
S’écouler
Le grand sablier
Nous sommes inégaux
Devant sa faux
Certains tentent de la combattre
D’autres se laissent abattre
Les maladies sont sa face
La plus commune
Elle vient comme
L’infortune
Chaque seconde elle est
A l’écoute
Et emprunte aussi
Nos routes
Celles qui conduisent
Vers un jugement certain
Parfois même
Devant le malin
Elle est un spectacle que
L’on peut observer
Du haut de la grande
Tribune
Tu te crois épargné
Gare à toi
Si tu l’importunes
Tu pourrais y participer
Et alors là,
Jouer devient une fin
Sans lendemain.
Elle dont je te parle depuis le début
Elle dont le charnier pue
Cette ennemie
Qui accompagne mes nuits
Vers l’infini
Cette entité dotée d’un pouvoir si fort,
Elle, c’est la mort.

Loïc CHEVAL, Terminale L





Bernard

Tu admirais Felice Gimondi et Gianni…
J’ai oublié son nom…
Motta !
Tu disais avec dévotion la légende de Fausto Coppi :
Ah !ces jambes véloces
Qui fusent sur la piste
Et planent sur les cols !
Descentes à tombeau ouvert…
Quel bonheur !
Et tu les voyais en arc en ciel
Sur l’unique poste T V noir -et- blanc- du hameau .

Tu faisais accélérer et vrombir
Ta Ferrari miniature ;
Trait rouge sur le lino blanc :
C’était bien longtemps avant Schumacher
Et avant Senna…
La vitesse des Fangio te grisait et tes yeux italiens étaient radieux.

Tu riais et criais :
A nos exploits de gamins bondissants !
Attaque le ballon !
A nos galops zébrant en giclées les sillons
Des rangs de vigne !

Tu étais le plus jeune de la bande.
Tu étais cloué dans ton fauteuil de paralytique .

Il m’arrive quelquefois de t’entendre.
On m’a dit que tu étais mort il y a bien des années.

A . Labatut





Christopher…

Dans mon cœur tu es entré
Alors que j’avais le dos tourné
Et je ne me suis aperçue de rien.
Comme dans un jardin,
Tu as fais le premier pas sans frapper à la porte.
Tu m’as parlé en me regardant dans les yeux
Comme un habitué de mon cœur
Tu ne pouvais plus en sortir
Car je refusais que tu en sortes
Tu m’as apporté bien plus que tu ne le penses
Et aujourd’hui, même si tu es parti
Tu restes mon ami, un vrai ami
Comme tu as su redonner à ce jardin rongé par la solitude
Sa beauté,
Je te donne une place éternelle dans mon cœur.

Ronelvy Dione 2nde A





Rêve-party

Au loin à l’horizon
Des ailes se déploient
A travers, l’astre se noie
Je sors de ma cloison

Poséidon est calme
L’eau brille de tous feux
Divinité des yeux
Le rouge noix de palme

Les cheveux dans le vent
Il court sur le sable chaud
Le corps fouetté par l’eau
Et sa main il me tend

Corps à corps les sens sont en éveil et dansent
La musique nous emporte
Le son nous escorte
Plus de contrôle, plus de maîtrise, de la transe

… Debout ! … c’était un rêve…

Anne Aunime





Ennui … d’elles

Je m’ennuie avec toi …
Je m’ennuyais avec elles.
Je m’ennuierai avec toutes !
Mais je dois parcourir la ruelle
Dont chaque porte, sous chaque voûte,
Abrite peut-être ma dame Dulcinée aux abois
Se rêvant vampire sans doute, peut-être proie !
Pourtant à quoi bon des perles dans mon écuelle ?
Pourquoi un viatique pour ma route,
Si tout ce que je touche devient froid ?
Mon âme a trop de sombres soutes
Où pourrissent les souvenirs de mes belles…
Puisque les sorcières en vain me hèlent ;
Puisque les sirènes si peu m’envoûtent ;
A quoi bon les fées et les bergères du roi ?
Tant d’évanescentes beautés trop d’angoisses me coûtent :
Je dois simplement, jusqu’au bout, parcourir la venelle
Toute,
Mon couloir lancinant et étroit.
Jusqu’à ce qu’enfin ma vie s’égoutte.

A. LASPUNA





Fantômes

Sous un ciel de Septembre plombé gris
Qui sanglote longuement
Ses mélancolies,.
Il pleut sur la ville.
…Il pourrait même pleuvoir sur mon cœur…
Alors je fuis :
Le bruit des n’gandas,la fange des trottoirs ;
Les vendeurs qui cassent leurs prix « catholiques » ;
Montres suisses et pépites d’Angola
Oh !là !
« De Gaulle » et sa chienlit
Et les gamins de la rue qui vont les poings dans leurs poches crevées.

Sur la « Côte Sauvage »,
Au Bel Air 
Je poses mes pas.
Phénix toujours branlant,
Aujourd’hui tout bariolé de poteaux de couleurs,
Comme un caméléon trop fardé !
Et je m’assieds
A la table de la Blanche Ophélia
-Pour moi, pour moi seul présente !-
Parmi un essaim de jeunes filles impudiques
Qui aspergent de leur rire l’après midi …
-Celles-là,ce n’est pas un baiser qui les apeure !-
…Devant une chope immense avec sa mousse.

Le Soleil se terre
Et je lève mon verre
Au Crocodile Géant qui vient de croquer un pan de wharf,
A chacune des noires sirènes qui m’assiègent,
A Monsieur Paul.
…Elles voudraient bien un rendez-vous avec lui !
Oh !Oui !

Les flots sales sans fin se brassent.
Les dernières lueurs d’étain sale se lassent.
Les torchères se profilent aux lointains.
La Croix du Sud a dû émerger quelque part.
Tous les amours splendides sont depuis longtemps effacés.
Depuis longtemps tout a été rêvé …

La vie est là, simple et tranquille.

Et puis, une main d’homme sur mon épaule se pose,
Parfumée de haschisch d’Abyssinie.
…Je fais un clin d’œil pour Arthur sans me retourner.
Les filles rient encore !
…Un instant le bonheur a marché côte à côte avec moi…

Je souris béatement aux noires frimousses…
Indifférent aux fantômes qui peut-être,
D’une aile inquiète et folle volent sur la mer.

Innocent Plagiat





M & M

Un massif mammouth
Massait une marmotte
Qui mastiquait du manioc
Quand un moine monstrueux
Malotru et en maillot
Se moqua de la marguerite mauve
Qui était sur le manteau marron de la marmotte.
La marmotte maniait merveilleusement le marteau
Et martyrisa le malheureux moine.
Le moine médusé manqua la messe du mardi soir
Et mercredi midi sous le marronnier marseillais
Mima un méchant moineau qui mangeait des mouches.

Le Vigouroux Yoann, 3eA





Fiction & Rêve

Ils partirent quinze dans l’atmosphère bleue…
Je lisais cette nouvelle d’ultra fiction
Quand tu surgis, nue, dans ta splendeur noire.
Ils entraient désormais dans l’espace sans lumière.
Tu t’avanças cadençant les auréoles des tes globes noirs.
L’espace s’étirait épouvantablement, se confondant avec le temps.
Tu balanças vers mes lèvres l’instantané extrême de ton pubis noir.
Le vaisseau spatial épousa tangentiellement la frontière galactique.
Tu m’aspiras dans ton maelström aux mille soleils noirs.
A sa vitesse limite le vaisseau semblait immobile.
Un temps nos regards et nos chairs furent fusion.

Et puis tout disparut dans l’aveuglement de l’éclair.

Anonyme





Lentement, dans un élan d’insouciance
Je m’approche d’un terrain vague
Un vent de souffrance survole avec démence
L’esprit de mon être qui divague
Jamais, de toute ma vie
Je n’ai vu chose aussi immonde
Des chants, des pleurs, des cris
Un sentiment d’amertume, une douleur profonde
Des pieds se balancent dans le vide
Mon Dieu ! Mais quel est ce spectacle macabre ?
Des mains tentent de briser des chaînes solides
Des nuques suent, sous la chaleur d’un sabre
Des morts et des vivants,
Corps et âmes mélangés,
Baignent dans un océan de sang
Tel un troupeau de brebis égorgées

Hommes de foi, ayez donc honte !
Quand cesserez-vous d’agir de la sorte ?
Vous ne vivez ni un mythe, ni un conte.
Avouez-le, seul votre sort vous importe…

Mon cœur devient glace
Je suis abattue par ce martyre
Cette cruauté me dépasse
Il est temps pour moi de partir
Mais, un élément me retient,
Pitié ou compassion
Que sais-je ?…Sur mes pas je reviens.

Résonne alors en moi une supplication
Que faire? Je ne suis pas de taille
Mon peuple souffre, attend sa délivrance
Je m’écrie : » Révoltez-vous ! Engagez la bataille ! »
Mais à mes mots répondent silence, ignorance.
J’ai peine à voir sur ces visages
Tant de peur et de désespoir
Pourquoi existes-tu ô esclavage ?
Quand renaîtra l’espoir ?

Bertout Aniella, Terminale L





L’espoir retrouvé

Nuage d’insouciance
Soupçon d’allégresse
Tout un vécu sans méfiance
Rien n’est plus en détresse
Tout vit, tout respire…
Même le temps ne s’expire

Dans un océan de tendresse
S’estompe ma tristesse
Sous une brise légère
J’explore l’univers, mon univers…

Les ailes de l’amour
Me transportent dans un autre monde
J’aime ce sentiment glamour
Cette sensation intense, profonde
Où mes sentiments sont en action
Tous ! sans exception

Mais qu’entends-je ?
Une voix mélodieuse
Et que vois-je ?
Une scène harmonieuse
La scène de ma vie
La voix de mes nuits

Ainsi en mon esprit
Un rêve, un songe
Ni haine, ni mensonge
Paix à l’infini

Babylone meurtrie
Sort de son intempérie
Cicatrise ses blessures
Recouvre ses fissures…
Puis, dans un souffle silencieux,
Elle atteint le royaume des cieux…

Aniella BERTOUT, Tale L



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